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Une assiette sans viande n’est pas une assiette sans impact sur les animaux. Les cultures intensives détruisent des habitats, les récoltes peuvent anéantir des nichées d’oiseaux et tuer de petits mammifères, les pesticides affectent les insectes et la vie des sols. Ces morts sont moins visibles que celles de l’abattoir. Elles existent pourtant. À l’inverse, un élevage bien conduit peut aussi rendre des services au vivant : entretenir des prairies qui abritent une diversité de plantes, d’insectes et d’oiseaux, recycler les nutriments et fertiliser les sols. Une lentille cultivée dans une rotation et un bœuf élevé au pâturage peuvent appartenir au même paysage agricole. Animal et végétal sont complémentaires. Ce sont les pratiques qu’il faut juger.
L’étiquette « végétal » ne transforme pas un produit industriel en aliment santé. Beaucoup de substituts de viande sont fabriqués à partir de protéines isolées, d’huiles, d’arômes et d’additifs : ce sont des produits ultra-transformés. Les confondre avec des lentilles, des noix ou des légumes entretient une illusion. Ces produits sont d’ailleurs associés à un accroissement des risques cardiovasculaires et neurodégénératifs. Notre position reste claire : privilégier les aliments bruts et les préparations simples, dont on comprend la composition et l’origine. Le degré de transformation compte aussi pour les aliments végétaux.
Sortir la viande de son assiette ne supprime pas toutes les dépendances. Le fromage reste lié à l’élevage : pour produire du lait, les vaches donnent naissance à des veaux, dont une partie alimente la filière bouchère. Dans le système laitier courant, lait et viande sont étroitement liés.
“Les prairies permanentes pâturées favorisent en outre la conservation de la biodiversité, le stockage de carbone et l’attractivité des paysages.”
Références scientifiques
- 1.Chang K. et al. Plant-based dietary patterns and ultra-processed food consumption: a cross-sectional analysis of the UK Biobank. eClinicalMedicine, 2024.
