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La première règle : laisser à l’herbe le temps de repousser. Plutôt que de laisser les animaux brouter continuellement le même pré, l’éleveur organise une rotation entre plusieurs parcelles. Après leur passage, chaque prairie bénéficie d’un repos adapté à la saison et à la croissance de l’herbe. Les plantes reconstituent leurs feuilles et leurs racines, qui nourrissent les micro-organismes du sol. Le nombre d’animaux et la durée de leur présence doivent suivre les capacités de la prairie : le surpâturage produit l’effet inverse, en affaiblissant la végétation et en dégradant le sol.
L’animal retrouve sa place dans un écosystème. Les ruminants transforment une ressource que nous ne pouvons pas digérer - l’herbe - en viande et en lait. Leurs déjections restituent des nutriments au sol ; les bousiers les enfouissent et les vers de terre participent à structurer la terre. Les haies apportent de l’ombre, un abri contre le vent et des habitats pour les oiseaux, les insectes et les petits mammifères. La prairie devient à la fois une source de nourriture pour le troupeau et un milieu vivant à entretenir, avec moins de dépendance aux engrais de synthèse et aux cultures destinées à nourrir les animaux.
Chez François Lemière, éleveur partenaire de Féroce, cette approche se voit au quotidien. Les veaux grandissent auprès de leur mère, un taureau vit avec le troupeau et les vaches pâturent sur des prairies en rotation, bordées de haies où elles trouvent notamment des mûres à la fin de l’été. Ces pratiques donnent un visage concret à la démarche : respecter les besoins des animaux, laisser la végétation se renouveler et préserver la vie autour du troupeau. L’ambition dépasse la seule production de viande : transmettre une terre plus fertile, un écosystème plus résilient et une ferme dont l’éleveur peut vivre.
“Mes vaches mangent de l’herbe parce que c’est ce qu’elles sont censées manger. Pas pour un logo vert sur une étiquette.”
Références scientifiques
- 1.Institut de l’élevage (IDELE)
