À titre personnel, j’ai investi à plusieurs reprises dans des startups dont le projet me parlait, via des plateformes comme Crowdcube (que nous utiliserons d’ailleurs pour notre propre tour de financement).
Mais, en dehors d’un rapport financier annuel, je n’étais quasiment pas impliqué dans la vie de l’entreprise.
Or, même si la perspective d’une plus-value fait partie des motivations, elle n’est pas la plus importante. C’est ce que j’ai constaté en interrogeant notre communauté. Parmi ceux qui souhaitent participer à notre tour de financement, les motivations les plus souvent citées sont d’abord le fait de soutenir une initiative utile (93 %), puis l’envie d’accéder aux coulisses (64 %). À l’inverse, la perspective de percevoir des dividendes réguliers ou de réaliser une plus-value à la revente ne représente respectivement que 47 % et 34 % des réponses.
Je crois qu’au fond de beaucoup de gens sommeille un désir d’entreprendre. C’est sans doute l’une des raisons du succès de Qui veut être mon associé ?. Pour la plupart, ce désir ne se concrétisera jamais. Non par manque de capacité, mais parce qu’il relève davantage du fantasme que d’un véritable projet. Peu sont prêts à en payer le prix : le risque, l’intensité, la charge mentale, la responsabilité, l’incertitude.
C’est cette conviction qui m’a donné envie de faire les choses autrement.
Plutôt que de réunir des investisseurs anonymes, j’ai envie que celles et ceux qui participeront à notre crowdfunding deviennent de véritables actionnaires de l’aventure. Qu’ils aient accès aux coulisses d’une entreprise en plein développement : ses avancées, ses chiffres, ses projets, mais aussi ses difficultés, ses arbitrages et ses grandes décisions. Qu’ils puissent poser des questions, faire des retours, proposer des idées, et prendre part, à leur manière, à la construction de Féroce.
Je pense que ce sera, pour eux, une aventure passionnante.
Et pour moi, c’est une opportunité précieuse de prendre de meilleures décisions. Au lieu de réfléchir uniquement avec mon équipe, je pourrai aussi m’appuyer sur quelques centaines de personnes engagées, alignées avec notre mission, et consommatrices de nos produits. Je crois profondément à l’intelligence collective que peut produire une telle diversité de regards.
Ce seront aussi, naturellement, nos meilleurs ambassadeurs. Parce qu’ils connaîtront la marque en profondeur. Parce qu’ils auront un intérêt réel à son développement. Et parce qu’ils pourront la défendre avec une force que je n’aurai jamais seul. Leur parole aura plus de poids que la mienne, justement parce qu’elle sera libre, sincère, incarnée, multiple.
J’ai déjà commencé à structurer cette dynamique en lançant un Patreon, avec l’idée d’y rassembler ce board élargi. Chaque semaine, j’y partage les informations importantes dans une weekly review de moins de 30 minutes, sous la forme d’un podcast. Je réponds aussi à tous les commentaires, et plusieurs d’entre eux m’ont déjà aidé à clarifier certaines intuitions ou à envisager de nouveaux projets.
Mon ami Rudy Coia cite souvent cette phrase : “Ensemble pour faire mieux que seul.”
C’est une idée qui m’inspire profondément. Et c’est exactement ce que j’aimerais construire à travers ce crowdfunding, qui dépasse de très loin la seule dimension financière.








